Le Marin – Le désamiantage du « Clemenceau » jugé à Marseille

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3 February 2014 - Le tribunal correctionnel de Marseille jugeait hier sept personnes accusées de fausses factures dans le cadre d’un marché de désamiantage de l’ancien porte-avions Clemenceau. Parmi elles : Michel-Ange Scarbonchi, ancien député européen PRG, mis en examen pour trafic d’influence passif, et Jean Zozor, ancien adjoint de la maire UMP d’Aix-en-Provence, mis en examen pour faux.

La justice leur reproche des surfacturations durant la première tranche du chantier, réalisée par la société Technopure, entre octobre 2004 et mars 2005 dans le port militaire de Toulon.

D’un montant d’un peu plus de 9 millions d’euros, le contrat de désamiantage avait été signé en 2003 entre l’État et une filiale du groupe allemand Thyssen, la SDIC (Ship Decomissioning Industries Corporation), créée quelques jours avant de répondre à l’appel d’offres. La SDIC, société offshore de droit panaméen, avait par ailleurs acheté le porte-avions, plus précisément sa coque désaffectée et rebaptisée Q790, qui devait être exportée en Inde.

La SDIC avait elle-même sous-traité le chantier à la société marseillaise Technopure de Jean-Claude Giannino. « Le processus présidant à la vente et au retrait d’amiante, bien qu’impliquant l’État français, obéissait à une savoureuse anarchie », notait le juge d’instruction, dans son ordonnance de renvoi.

Entre-temps, le 31 décembre 2005, l’ex-porte-avions, qui avait été mis en service en 1961 et désarmé en 1997, avait quitté Toulon pour faire route vers le port indien d’Alang avant d’être bloqué un temps par les autorités égyptiennes qui lui refusaient l’accès au canal de Suez. En février 2006, après que l’Inde eut ordonné un complément d’expertise, la justice française avait suspendu l’autorisation d’exportation et Paris avait ordonné son rapatriement en France, à Brest. Le Clemenceau sera finalement complètement démantelé entre 2009 et 2010 aux chantiers britanniques Able UK d’Hartlepool.